Design infection

Ce projet explore, par la fiction, ce que produisent réellement les « villes privées » et les systèmes de contrôle algorithmique sur nos corps, nos dettes et nos libertés.

Références culturelles

L’Entre‑espace, c’est ce qui se crée entre le réel et le récit comme ce qui se passe entre les infrastructures et nos êtres : entre une décision de board et une application sur un téléphone, entre une réforme éducative et un enfant qui apprend à lire.
Pour écrire ce récit, je me suis appuyé à la fois sur des journaux systémiques – des textes comme le rapport Meadows sur les limites de la croissance ou les travaux sur la doughnut economics – et sur des œuvres de fiction, de musique et de philosophie qui travaillent les mêmes tensions autrement.

Cette page rassemble une partie de ce socle imaginaire : les romans qui m’ont appris à voir les systèmes (Brunner, Gibson, Orwell), les essais qui cartographient nos dépendances (Meadows, Damasio), les voix musicales et poétiques qui rappellent que derrière les infrastructures, il y a des vies singulières. Ce ne sont pas des références “en vrac” : ce sont les lignes de fuite qui traversent Design Infection et, plus largement, l’Entre‑espace.

« Le futur est déjà là, il n’est juste pas également réparti. » (William Gibson, interview). On retrouve cette idée de présent volatil dans sa trilogie Blue Ant, où la mode, la pub et la géopolitique forment un système de signaux faibles.

1984 (George Orwell). J’y emprunte la Chambre 101, revue à ma façon, et l’idée de novlangue, ce langage réduit qui limite ce qu’il est possible de penser.[

Le troupeau aveugle (John Brunner). Une révélation de mon adolescence pour la façon dont j’aborde l’adoption et la pollution systémique. J’y emprunte la structure chorale (un chapitre = un point de vue) et ce sentiment de monde saturé où chaque fragment raconte la même catastrophe sous un angle différent avec une colère froide qui monte crescendo.

« Le petit prince ne régna pas » (Loup des steppes, Dooz Kawa). Pour ce rap lettré et contestataire qui traverse le texte, en arrière‑plan, comme une petite voix qui se souvient qu’un autre rapport au monde est possible.

Nikole Hannah‑Jones (New York Times). Son travail sur l’histoire longue des inégalités m’a servi de boussole pour le chapitre 2, où la surveillance et les sanctions numériques prolongent des rapports de pouvoir déjà présents dans nos institutions.

« I’m a black woman and I’m a proud one » (Introvert, Little Simz). Quand le rap devient une forme d’auto‑ethnographie et d’anthropologie de soi, entre intériorité, lutte politique et mémoire collective.

Spinoza avait raison : Joie et tristesse, le cerveau des émotions (Antonio Damasio). Pour cartographier et comprendre les émotions comme des processus corporels avant d’être des idées, un fil directeur de mes chapitres sur les implants, l’attention et le pilotage affectif.

Livre de l’intranquillité (Fernando Pessoa). Pour cette sensation de décalage permanent entre soi et le monde, que je réinjecte dans mes personnages pris entre leur vie intérieure et la version d’eux‑mêmes produite par les systèmes de contrôle.

Julian Bleecker. la lecture de Near Future Laboratory Newsletter m’a fait sauter le pas. Elle m’a donné envie de traiter la design fiction non comme un catalogue d’objets, mais comme un système de récits ancrés dans des infrastructures réelles.

Je suis (parfois) social

@oreyright 2026